L'accès à l'immortalité par l'Art

             L'art a fortement contribué à l'évolution de l'Homme à travers le temps, avec une fonction primaire, l'esthétisme et une plus profonde, offrant la possibilité à l'artiste d'exprimer des émotions, des envies et de communiquer par ses oeuvres.  L'idée d'immortalité a parcouru ainsi les âges, se nourrissant des fantasmes de l'Homme. En effet, l'Histoire n'apportant pas de réponses concrètes à la question de la vie sans fin, cette dernière reste fantasmée dans les livres, la musique et plus récemment inspire de nombreux cinéastes.

L'écriture est la voie artistique nous offrant le plus d'oeuvre se liant au thème de l'immortalité. Faust, Dracula ou encore Dorian Gray sont des personnages fantastiques importants de la littérature, se ralliant sur le désir d’immortalité et de jeunesse éternelle.

 

LE MYTHE DE FAUST

 

Précurseur du mouvement romantique européen, Johann Wolfgang von Goethe est sûrement l’un des personnages les plus emblèmatiques de la littérature allemande. Le mythe de Faust, oeuvre qui comporte trois parties distinctes, compte parmi les plus importants monuments de la littérature européenne.

   Dans la première partie, le personnage de Faust est présenté comme un viel homme qui constate amèrement qu'il a gâché sa vie. Méphistophéles, incarnant le diable sur terre, lui offre la possibilité d'une nouvelle vie pleine de douceur. Mais à quel prix ?  en échange de son âme, ainsi celui-ci est condamné à l'enfer.Goethe dans son oeuvre nous livre donc une reflexion sur le bien et le mal. Faust accepte sans réfléchir puisque l'idée d'une seconde vie est un désir universel chez l'Homme. Néanmoins, Faust commets de nouvelles erreurs dans cette vie.

En faisant intervenir Méphistophéles, Goethe ajoute l'aspect religieux pour l'obtention d'une nouvelle vie, mais il remet en cause son utilité pour l'Homme, faisant faire au personnage de Faust des actes regrettables qui le rende à nouveau triste. L'immortalité n'est pas spécifiquement traitée dans l'oeuvre, mais le renouvellement de la vie d'un individu par un pacte peut-être considéré comme une source d'immortalité.

 

 

LE PORTRAIT DE DORIAN GRAY

Le portrait de Dorian Gray, écrit par Oscar Wilde est publié en 1890 durant l'ère victorienne. Ce roman fantastique relate différents thème, comme celui de l'esthétisme, de la jeunesse ou encore de l'Art.

 Dorian Gray est un jeune homme d'une incroyable beauté. Son ami et artiste, Basil Hallward, par fascination de ce charme, décide d'en faire le portrait. Il réalise un chef d'oeuvre que Dorian Gray admire. Une jalousie s'installe au cours du temps entre l'homme, qui est continuellement en train de vieillir et le portrait qui offre une éternelle jeunesse au visage de Dorian. Par simple souhait, le jeune homme réussit à faire vieillir le portrait à sa place "Si je pouvais rester jeune, et qu’il vieillisse à ma place ! Pour ce miracle, je vendrais mon âme !"  obtenant ainsi une forme d'immortalité. Durant dix-huit années, il vit ainsi, accumulant d'innombrables péchés et devenant de plus en plus mauvais. Il réalise la tristesse du personnage qu'il est devenu, et détruit la toile, et se tuant ainsi.

Oscar Wilde offre à son personnage une immortalité, qu'il ne peut maîtriser. En effet, Dorian Gray change totalement de personnalité sous l'emprise de ce don, et devient quelqu'un de mauvais. La vie qu'il mène s'oppose à celle qu'il envisageait, perdant ainsi son sens. L'auteur remet ainsi au cause la capacité de l'Homme à gérer ces fantasmes. La maturité de l'espèce humaine ne serait pas apte à posséder ce don selon l'auteur.

Le récit fantastique oblige la mise en place d' un "fond " réaliste. L'auteur choisit le Londres du XIXe siècle qui va servir de scène à la déchéance morale du héros.

De plus, la difficulté qu'ont les personnages à admettre la détérioration de la toile nous montre leur appartenance à un monde rationalisme. Ainsi l'accès de dorian Gray à l'immortalité dans cette oeuvre reste un mystère, et n'a pas été développé par l'auteur,  qui a orienté son oeuvre vers les conséquences de cette immortalité.

 

 

 

L'oeuvre regroupe différents faits historiques datant de la deuxième moitié du 20ème siècle. Voilà un passage de l'oeuvre qui caractérise l'évolution de l'organisme humain actuelle au cours du temps:

« Dans le règne vivant, la mort est une absurdité illogique. Elle semble avoir été surajoutée à l’œuvre de la vie, par un accident ou une intervention étrangère. Tout est prévu par la nature pour qu’un organisme vivant, parvenu à un point parfait de développement, s’y maintienne d’une façon définitive. Or, il ne s’y maintient pas. Arrivé au sommet de lui-même, il commence lentement, puis de plus en plus vite, à glisser sur la pente qui le mène à sa destruction. Chez l’être humain, le vieillissement commence dès 18 ans. Alors qu’il sort de l’adolescence et qu’ il s’imagine n’avoir rien commencé, l’homme et la femme sont déjà au bout de leur vie ‘intacte’. Déjà, sans le savoir, ils engagent le combat perdu contre la maladie dont nul ne guérit. »

L'auteur met en avant la triste réalité de la vie et de la mort, laissant place par la fiction au désir de l'immortalité. Un savant aurait découvert un virus très contagieux permettant un accès à l'immortalité : “J’ai acquis l’immortalité. Et elle est contagieuse". Le virus permet en effet à toutes espèces vivantes “contaminées” de voir son vieillissement cesser. L'Homme ne vieillit plus dès lors qu'il a atteint ses capacités physiques maximum. Le grand secret offre ainsi au lecteur une réelle opportunité à la réflexion sur les conséquences nombreuses d'une société comportant des êtres immortelles, que ce “privilège” soit accordé à quelques-uns ou à toute l’humanité.

L'immortalité est obtenue par la voie scientifique cette fois. L'auteur met en garde l'humanité, sur le fait de vouloir maitriser quelque chose qui est encore hors de contrôle. En effet, les sciences ont connu une avancé remarquable ces derniers siècles, mais ce monde dans lequel nous vivons possède encore beaucoup de mystère.

 

Mais la littérature n'est pas la seule voie artistique par laquelle l'immortalité est perçu. En tant que désir universel, elle se doit d'appartenir à tous les arts, et on la retrouve de manière accrue dans la cinématographie. Concept bien plus moderne que la littérature, il touche d'avantage les générations actuelles, étant plus facile d'accès.

 

 

 

 

 

 

Time out est un film de science-fiction sorti en novembre 2011, donc très récement. L'histoire se déroule en 2161 dans une société ou l'homme, génétiquement modifié, peut échanger sa durée de vie. Le personnage principale Will Salace issu d'un quartier pauvre sauve un homme poursuivie par des voleurs en quête de temps. L'homme offre à Will toute la vie qu'il lui reste ce qui corresponds à une durée de vie de plus d'un siècle. L'homme se sucide ainsi offrant l'opportunité à Will Salace de franchir les barrages payant permettant l'accès à des zones riches. Il y découvre alors la triste réalité de son monde. Le temps est devenu la nouvelle unité monétaire, chacun possédant une durée de vie variable. Les classes populaires et moyennes devant vivre au jour le jour sont en opposition avec une classe supérieur, possédant jusqu'à plusieurs siècles de vie. Adrew Niccol offre un sénario original d'une société immortel qui comprends toujours une ségrégation importante entre les classes. Les riches s'approprient le temps des pauvres et arrive à cumuler des sommes de temps faramineuses "Pour quelques immortels, beaucoup doivent mourir". Time out, c'est la lutte des classes. Comme dans Barjavel, l'organisme humain cesse d'évoluer dès qu'il atteinds son plein degré de maturité mais la personne ne possédant plus de temps meurt instantanément. Nous pouvons nous demander l'intérêt de laisser mourir une personne en pleine condition physique possédant une aptitude productive et qualifiée au travail. Le film répond à cette question: l'Homme ne peut peupler la terre de manière irraisonnable. Il faut ainsi éliminer un exédent, soit en priorité la classe populaire.

Le film s'installe dans un réalisme poignant; puisque les pauvres meurent au profit des riches. Les variations du coût de la vie, et donc de la valeur du temps, peut entraîner la mort de nombreuses personnes vivant dans le besoin. Ainsi, le spectateur s'identifie rapidement aux personnages et à cette société. Le film détient également une morale assez surprenante; en effet Sylvia Weis, fille d'un des hommes les plus riches de la planète, après avoir passés quelques jours dans des quartiers très pauvres dont elle n'est pas habitué en compagnie de Will, énonce à son père, personnage en quête d'immortalité "On est pas censé vivre comme ça, on est pas censé vivre pour toujours..personne ne devrait être immortel si ça doit couter la vie d'un seul être".

 

 

 

 

 

 

Lincoln Six-Echo et sa caramade Jordan Two-Delta vivent dans une grande colonie souteraine ou la vie est régie par des lois très stricts. Croyant faire partie des déscendants de quelques survivants d'une catastrophe écologique qui aurait dévaster l'entière surface de la planète, la population vit dans l'espoir d'être tiré au sort pour accéder à une île qui n'aurait pas été atteinte par le cataclysme. Nos deux personnages, s'interrogeant sur le sens de la vie, ainsi que sur les restrictions qui leurs sont faîtes, découvre en fuyant leur colonie qu'ils ne sont que les clones d'une personne vivant dans le monde "normal", qui n'a jamais été dévasté. Après une longue enquête, leur utilité dans notre monde est décellé; en effet, ils ont été crée dans le but de fournir des organes à l'individu d'où provient leur ADN si ce dernier connaît des déficiences physiologiques.

Ainsi, seules les grandes fortunes ont accès à ce procédé, permettant un allongement de la vie. C'est une firme légale qui leur propose ces services, en échange de plusieurs millions de dollars. Ce que cache néanmoins la firme aux clients, c'est que les clônes ne sont pas maintenu dans un état végétatif, et là est tout le génie de ce film. Chaque clône possède ainsi une conscience et une mémoire, faisant logiquement de tout prélévement d'organe un homicide volontaire.

La vision de l'Homme dans ce sénario est simple : " Vous n'existez pas, vous êtes des copies d'autres personnes ", et lors des nombreuses courses poursuites du film, le directeur de la firme ordonne clairement l'élimination des "produits". Ainsi ce pose la question universelle du clonage, le clone est-il un Homme ? Le sénario répond affirmativement à cette question, offrant aux personnages des sentiments, une conscience, et tout ce que caractérise l'Homme.

Néanmoins la question du clonage en gardant la copie sous forme végétatif semble être un moyen sûr pour le prolongement de la vie d'un individu. On distingue également chez un lien inconnue entre le clone et la version originale, puisque le clône semble percevoir dans ses rêves des souvenirs semblables à ceux vécus par l'autre.

 

 

 

Vincent Ward nous fait découvrir une manière originale d'envisager une vie après la mort. L'histoire se déroule au sein d'un couple, chris medecin et annie peintre , indissociable et lié d'amour. Après des années de bonheurs, leurs enfants leurs sont arrachés soudainement dans un accident de voiture. Quatre ans plus tard, c'est au tour de chris de partir. Là commence la découverte de l'espace après la mort. Chris, symbolisant tout d'abord l'Homme, peine à accepter sa mort, et ne veut quitter le monde des "vivants" : « Tu n’as pas disparu. Tu es seulement mort. ».

Après s'être rendu conte qu'il faisait souffrir sa femme en restant près d'elle, il change de monde allant dans un endroit appelé "paradis". Il est guidé par un vieille ami décédé des années plutôt, Albert. Chris vit désormais dans un monde qu'il contrôle par sa pensé, un monde qui a été crée en s'inspirant des tableaux de sa femme. Après la découverte amusante de ce monde, Chris s'aperçoit qu'il a besoin de sa femme. Albert lui explique que le retour dans le monde des vivants est impossible.

De son coté Annie pense : " Il paraît que quoiqu'il arrive, on vit par l'esprit, t'avoir avec moi comme ça, ça me rend heureuse, pourquoi ai-je le sentiment  que tu peux m'entendre, que tu peux voir cette arbre". Dans son monde, Chris aperçoit l'arbre peint pas sa femme, ainsi le scénariste laisse un lien fort entre les deux personnages, malgré la distance qui les sépare. Chris ne peut calmer ses maux dû au manque qu'il ressent pour Annie. Albert tente de lui expliquer que la douleur passera avec le temps, mais la réponse de notre héros est significative " Il n'y a plus de temps, ma montre n'indique plus rien, ça ne tourne plus, le temps n'existe pas ici ". Ainsi l'Homme est immortel après la mort, du moins l'âme, puisque le corp n'est qu'une enveloppe servant de receptacle. Voici un dialogue entre Albert et Chris qui démontre ces propos :

"-Suis-je vraiment là ?

- Qu'est ce que tu entends par "toi" ? c'est ton bras ou ta jambe ?

-Probablement

-Donc si tu perds tous tes membres tu n'es plus toi ?

- Je suis quand même moi.

- Alors c'est quoi le moi ?

-Mon cerveau je suppose.

- Ton cerveau n'est qu'une parti de ton corp (...)"

    Bientôt, Albert apprend à Chris le sucide de sa femme. Il pense ainsi pouvoir la revoir, mais les sucidés  vont, après leur mort, en enfer. Il faut néanmoins distingué l'enfer et le paradis de cette oeuvre, et ceux perçu dans les religions. L'enfer ici n'est pas une punition, mais l'endroit destiné aux personnes qui ne se rendent pas conte qu'elles sont mortes. La distinction entre ces lieux est néanmoins conservé, puisqu'au paradis, le temps est toujours radieux, et on marche sur l'eau, en opposition avec l'enfer où le ciel est éternellement sombre et où les bateaux sombrent inévitablement. La présence de Dieu au paradis reste mitigé :" Il est quelque part, là haut, on ne sait pas où, quelque part, entrain de hurler qu'il nous aime, s'étonnant qu'on ne l'entendent pas. " On trouve également une autre note religieuse, à l'entrée des enfers, se situe un immense sous-marin, appelé Cerbère, en référence au chien à trois tête gardant les enfers dans la mythologie grecque. Chris réussit à ramener sa femme au Paradis, et on peut supposer, une vie, un amour et un bonheur éternels pour nos héros.

 

 

 

 

Xavier Millery, L'immortalité. (26,7 x 17,3 cm)

 

 

  Cette peinture à l'eau de Xavier Millery  represente, comme son nom l'indique, l'immortalité. Tout d'abord, l'action dans l'oeuvre est situé dans un espace de couleur or avec un demi cercle au sommet, ce qui met en valeur le caractère divin des personnages. Le squelette est une allégorie significative de la mort dans de nombreuses cultures. De plus, elle tient en sa main gauche une faux. Le peintre, en associant les deux, symbolise la faucheuse représentant un être terrifiant venu happer les vivants d'un coup de lame.

Sur son fémur droit repose un sablier, symbolisant le temps qui passe, l'organisme qui évolue et qui finit pas cesser de vivre. On peut supposer que la mort est assise en signe de patience.

Le jeune homme que nous apercevons de dos porte une toge bleu, et semble s'adresser directement à la mort. Il symbolise ainsi l'immortalité. Le troisième personnage est un enfant qui tourne le dos à la mort. Ainsi le peintre nous offre un oeuvre qui comporte les trois âges de l'Homme, l'enfance (naissance), l'âge adulte, puis la mort.

 

 

William Bouguereau, Une Âme au Ciel. (180 x 275 cm)

L'oeuvre représente une scène religieuse, une âme montant au ciel. L'âme est néanmoins représenter pas un corps de jeune femme endormi (dans la bible Jésus concidère la mort comme un sommeil), dans le but de ne pas porter atteinte à la compréhension des personnes contemplant la toile. Le visage de l'âme semble apaiser, dans un sommeil sans trouble.

Deux anges la transportent délicatement au ciel. Leurs regards sont portés vers le paradis marqué par une luminosité chaleureuse présente nulle part ailleurs sur la peinture.

En effet, le peintre a crée une opposition entre le haut de la toile, symbolisant le paradis où les anges se dirigent, et le bas, plus sombre et plus froid, qui représente l'enfer.

On peut voir pauser sur le bassin de la femme des fleurs, qu'elle laisse involontairement tomber. Cet acte symbolise le traditionnel jet de fleurs lors des enterrements chrétiens.

Enfin, on peut apercevoir une silhouette en haut à droite de l'oeuvre, semblant posséder des ailes. Il se pourrait que cela soit Dieu ainsi une sorte de hiérarchie serait mise en place.

 

 

 Cette œuvre découverte sur un papyrus trouvé à Thèbes, décrit le jugement d'un scribe royal du nom de Hounefer. Le défunt Hounefer en tunique blanche est conduit par Anubis. Son cœur est déposé dans la partie gauche de la balance dont le réglage est assuré par Anubis accroupi. La plume de Maât est sur le plateau droit de la balance.  L'animal accroupi attend le verdict qu'inscrit Thot pour savoir s'il va dévorer celui qui est jugé. En haut du papyrus figure une rangée de juges accroupis dont le premier n'est autre que Rê. Cette oeuvre nous montre ainsi que les égyptiens croyaient en une vie eternelle apres la mort. Néanmoins cette " vie eternelle" depend comme beaucoup d'autres cultures aux  actes effectués sur Terre . Ainsi seul les individus "justes" auront accés à cette vie eternelle, les autres seront devorés.

 

L'Art et les Religions émettent leurs pensés sur l'immortalité, qui n'apparaît pas toujours comme un bienfait pour l'Homme. Les scientifiques se sont dès lors fortement interessés à ce projet, mettant en oeuvre tous les moyens pour résoudre ce mystère.